Fête du club 2019

Optimiste comme pas deux, et brandissant, à qui voulait l’entendre, un portable ouvert pleine page sur la météo du jour, l’illustre organisateur de notre rencontre annuelle nous jura ses grands dieux qu’il allait faire beau toute la journée. Devant tant de persuasion, nous ne pouvions que nous incliner et accepter ses oracles. La journée s’annonçait donc sous des auspices favorables. En effet, il fallut bien l’admettre, les paroles présidentielles (car c’était lui!) s’avérèrent exactes plusieurs fois dans la journée.  Rappelez-vous le chaud rayon de soleil entre 13h15 et 13h26… Et ce beau carré de ciel bleu entre 14h28 et 15h03… Oubliez le vent, le froid, la pluie et les turbulentes disgressions météorologiques! Donc, respect au devin local qui sut ainsi motiver ses troupes tout au long de la journée qui s’avéra un bon cru.

Tout commença par une douce plaisanterie. Le dicton bien connu et immuable « En mai, fais ce qu’il te plaît! »  provoqua de l’urticaire aux moutons de la bergerie voisine! Un de leurs copains s’était fait alpaguer la veille pour se faire brouter la couenne par une bande d’activistes amateurs de bière et admirateurs de jolies filles. Etonnez-vous après cela que certains ovins ronchons aux longues oreilles s’emparent de leur gilet jaune pour courir se peler le jonc au premier rond-point venu afin de protester violemment contre ces rapts injustifiables! Mais voilà, comme le modéliste affamé n’a pas d’oreilles,  ce n’est pas une pelote de laine à quatre pattes  qui va l’empêcher de faire la fête!

Promptement préparé par les hommes de l’art, la bonne bête se fit remplir le lard d’un mélange de légumes et d’épices, et termina sa trajectoire, empalé sur une broche propre à lui faire tourner le ciboulot. Pour se faire pardonner, les cuistots d’un jour prirent soin de lui en le bichonnant, en lui chantant des chansons et en l’arrosant d’un élixir aux mille parfums dont le fumet embauma toute la région. Selon la météo du moment, le jeune broutard en fusion se vit protégé par une bâche protectrice de la pluie. tenue à bout de bras par du personnel rigolard et bien dévoué, le dos à la pluie froide et le ventre au feu brûlant. Les mêmes se sont retrouvés à servir:  soit sous un parapluie pour ne pas se mouiller la moumoute, soit sous un parasol pour ne pas se chauffer le caillou.

Dès potron-minet, vers 6h du mat, les disciples de Vatel et de Gargantua réunis  allumèrent le feu et mirent en route la broche qui tourna inlassablement tout le matin. Pendant ce temps, un commando partit acheter à la ville voisine des victuailles et quelques viennoiseries que la troupe excitée commençait à réclamer. Après un petit café et quelques plaisanteries, les tables et les bancs furent installés. Le barnum se vit gratifier de trois coupe-vent bien utiles en ces temps agités. Dès  9h30, attirés par l’odeur des croissants et du petit café, les premiers invités arrivèrent de tous les coins du département. Le club des Vanneaux arriva en force et les lieux s’animèrent de joyeuses discussions et de retrouvailles sincères. Le parking se remplit à vue d’œil et fut bientôt aussi plein que la panse de notre agneau farci.

Devant les réticences évidentes de la météo, bon nombre de modèles restèrent bien au chaud sous la couette à quatre roues. Quelques aéronefs courageux prirent tout de même leur envol pour se faire secouer la prune. Un jeune modéliste passa son aile d’argent en présence des officiels et reçut son diplôme des mains-mêmes du Président du CDAM 42. Malgré le vent de travers, les turbulences et la pression de piloter devant un public de « connaisseurs » (restons modestes), il s’en tira fort bien et réussit un atterrissage parfait. Certains aéronefs, plus intrépides, subirent quelques dégâts en raison des rafales, du ciel gris et d’une visibilité douteuse. Cela  n’entama pas le moins du monde le plaisir de tous se retrouver autour d’un bon repas et de discussions infinies à refaire le monde. Tout le monde mit la main à la pâte: aux fourneaux, au service, au rangement… De nombreuses épouses participèrent à la réussite de notre journée, notamment pour le service du repas. Merci à elles!

Au cours de l’après-midi et entre quelques averses, quelques planeurs et hélicos prirent l’air pour se dégourdir les électrons et défier les dieux de l’Olympe qui ne leur faisaient pas peur. Les conversations allèrent bon train. On parla techniques de construction et de pilotage. On prit rendez-vous pour des rencontres futures. On évoqua la beauté du ciel et l’émerveillement de ceux qui le survolent. On parla aussi du petit dernier, des vacances à venir, du temps qui passe et même de robots multifonctions dont les vertus jefféiennes ne sont plus à démontrer…évidemment!

Belle journée réussie, dans la bonne humeur, autour d’une même passion, même si le temps n’était pas tout à fait avec nous. Mais, comme chacun sait, l’aéromodéliste vit toujours le nez en l’air, accepte les aléas tels qu’ils se présentent et ne recherche qu’une seule chose: passer un bon moment avec ses amis autour d’un loisir, qui n’est peut-être après tout qu’un prétexte à se retrouver.

Bernard